Guide du Japon

Temple Jomyoji

Le Tōkasan Jōmyō Zenji est un temple bouddhiste zen relevant de l'école rinzai de la branche Kenchô-ji fondé en 1188 par Yoshikane Ashikaga. D'abord temple Shingon, il devint peu après le cinquième des gozan (cinq grands temples) de Kamakura, préfecture de Kanagawa au Japon. C'est le seul de ces cinq temples à n'être pas fondé par le clan Hōjō. Au contraire, le Jōmyō-ji comme le proche Zuisen-ji, a de fortes attaches avec le clan Ashikaga et est un des temples funéraires (bodaiji) de la famille. Pour cette raison, le kamon familial est omniprésent sur son site. Les trois premiers caractères de son nom complet signifient « montagne Inari », probablement à partir de la colline du même nom où il se trouve, à son tour, nommée d'après un ancien mythe Inari (voir ci-dessous).

Le Jōmyō-ji est fondé en 1188 par le prêtre Taikō Gyōyū (1163–1241) comme temple Mikkyō sous le nom Gokuraku-ji mais peu après la fondation du premier monastère zen japonais, le Kenchō-ji voisin en 1253, le prêtre en chef du temple Geppō Ryōnen change sa confession et il devient temple Rinzai tandis que son nom est modifié pour celui qu'il porte encore de nos jours. La date à laquelle cela s'est produit n'est pas connue exactement mais doit se situer entre 1257 et 1288. Ashikaga Sadauji, père du future shogun Ashikaga Takauji, est le parrain du Jōmyō-ji et grâce à son aide, le temple croît rapidement en taille et en importance. (Le nom du temple vient en fait de Jōmyōjiden, nom posthume de Sadauji). Nous savons qu'en 1323 cinquante prêtres du Jōmyō-ji participent à une cérémonie en mémoire de Hōjō Sadatoki et cela à l'époque où le temple est classé au dixième rang pour l'importance à Kamakura. Selon le Taiheiki, à la fin de sa vie, Ashikaga Tadayoshi y est emprisonné et empoisonné.

Dans la seconde moitié du xive siècle, le shogun Ashikaga Yoshimitsu à Kyoto créé officiellement le réseau des temples Zen appelé « système des cinq montagnes » (Gozan seido en japonais) pour aide le shogunat à diriger le pays. Le Jōmyō-ji, cinquième des Kamakura Gozan, les cinq temples qui président le système dans la région de Kantō, reçoit des installations dignes de son statut, dont plus de vingt sous-temples (tacchū). Cependant, en 1438 le Kantō kubō Ashikaga Mochiuji se rebelle contre le shogunat de Kyoto, est battu et se voit contraint de se suicider pour éviter d'être capturé. Après sa mort, le déclin de Kamakura, commencé quand le shogun Ashikaga Takauji avait décidé de déplacer sa capitale à Kyoto, s'accélère et le Kamakura Gozan suit la ville dans l'oubli et l'abandon. Lorsque le poète Gyōe visite le temple au cours de l'été 1487, il le trouve envahi par les herbes et la mousse. Durant la turbulente époque Sengoku, le Jōmyō-ji, comme la ville en général, souffre beaucoup de violences et de destructions.

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